Lors d’un meeting organisé par CCOO et UGT à Madrid ce mardi 19 janvier, la CGT a marqué par sa présence, sa solidarité avec les camarades espagnols sous le coup d’une procédure criminelle, pour avoir participé à la grève générale du 29 septembre 2010. Cette action avait été appelée conjointement par les deux organisations syndicales contre la réforme du marché du travail du gouvernement Zapatero. La prochaine audience devant le tribunal pénal est programmée pour le 9 février 2016. Les parallèles avec la situation des 8 de Goodyear Amiens sont évidents.
Par ailleurs l’entreprise EADS soutient explicitement ses salariés face à l’acharnement du procureur. En effet le procureur, ressort une loi franquiste, plus appliquée depuis la transition, qui pénalise le seul fait de participer à une grève de plusieurs années de prison ! Les 8 d’Airbus ne sont en outre pas les seuls concernés. En tout, en Espagne, 300 syndicalistes sont victimes d’acharnement judiciaire dans le même contexte. Outre les approximations de l’enquête judiciaire, les 8 syndicalistes font état également de violences à leur égard pendant leur garde à vue, lorsqu’ils ont été arrêtés, tandis qu’ils étaient sur le piquet de grève devant l’usine. La revendication première des organisations syndicales espagnoles est bien évidemment l’abrogation de la loi, en attendant la non-application. Premièrement cette loi est contraire à la constitution espagnole, qui garantit le droit de grève, et deuxièmement elle est contraire aux conventions de l’OIT. CCOO et UGT avaient appelé leurs militants à être présents, et avaient invité la CES, la CSI, un représentant de l’OIT ainsi que des représentants de la CGIL, FGTB, CGT-P et de la CGT qui ont donné un signe fort de la solidarité de leurs organisations. Devant une salle comble, des acteurs de la culture espagnole (Almudena Grandes et Miguel Rios), des professeurs de droit constitutionnel et du travail se sont exprimés en faveur de la défense des libertés fondamentales, dont le droit de grève fait partie intégrante, et bien sûr en solidarité avec les 8 camarades d’Airbus qui représentent la lutte des 300 victimes qu’une loi franquiste rattrape après quarante ans de démocratie.
***